Le douzième rapport de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA), présenté ce mardi 6 octobre 2026, met en évidence les difficultés rencontrées dans la gestion des finances publiques au cours de l’exercice 2024-2025. La Cour fait état d’un déficit de 22,6 milliards de gourdes et d’une exécution limitée des dépenses destinées aux programmes et projets dont le taux n’a atteint que 46,8 %.
Le niveau des investissements dans le secteur de la sécurité reste particulièrement faible. D’après le rapport, les dépenses d’investissement du ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) n’ont été exécutées qu’à hauteur de 3,3 %. Parallèlement, l’amortissement de la dette publique a enregistré un dépassement de 22,5 milliards de gourdes.
Ces résultats budgétaires s’inscrivent dans une conjoncture économique marquée par une nouvelle baisse de l’activité. Le PIB réel a reculé de 2,7 % en 2024-2025 après une contraction de 4,2 % lors de l’exercice précédent. Avec cette nouvelle diminution, Haïti enregistre une septième année consécutive de récession et une baisse cumulée de 16,1 % du PIB réel depuis 2018-2019.
Cette évolution a affecté plusieurs secteurs dont l’agriculture, la construction, le commerce, le transport, l’hébergement et la restauration. La production d’électricité a également connu une baisse importante. Dans le même temps, l’inflation est passée à 31,9 % en septembre 2025 de 27,9 % un an auparavant, alors que plus de 5,7 millions de personnes étaient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë.
Face à ces constats, la CSCCA recommande une préparation plus rigoureuse des investissements publics, une gestion plus transparente des dépenses et un suivi régulier de l’application de ses recommandations. La Cour insiste également sur l’effectivité du budget-programme comme outil de gestion des ressources publiques.
