L’Organisation nationale de lutte contre la corruption et la criminalité (ONLCC) a vivement critiqué le fonctionnement de l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF), qu’elle juge insuffisamment engagée dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement des activités criminelles en Haïti.
Dans une note publiée ce jeudi 30 juillet 2026, l’organisation affirme que plusieurs signalements portant sur des opérations financières suspectes impliquant des personnalités et des institutions n’ont donné lieu à aucune communication publique ni à des suites connues auprès des autorités compétentes. Elle estime que cette situation traduit un déficit de leadership au sein de l’UCREF.
L’ONLCC relève également que le mandat du directeur général de l’institution, Me Michelin Justable, serait arrivé à son terme depuis octobre 2023 tout en considérant que cet élément ne saurait justifier le manque de résultats observé.
L’organisation demande des éclaircissements sur les circuits de financement des groupes criminels, en particulier l’utilisation des rançons d’enlèvement, l’acquisition d’armes et la capacité du système financier à repérer les fonds d’origine illicite. Elle attire aussi l’attention sur les restrictions bancaires concernant les retraits en gourdes et en dollars américains ainsi que sur le recours croissant de certains commerçants aux maisons de transfert pour convertir leurs fonds et financer leurs importations.
Estimant que ces différentes pratiques soulèvent des interrogations sur la circulation des capitaux dans le pays, l’ONLCC invite l’UCREF à renforcer ses mécanismes de contrôle et appelle les autorités à intensifier les actions contre les flux financiers illicites afin de mieux protéger l’économie nationale et la crédibilité du système financier.
