Rosy Auguste Ducéna, responsable de programme au Réseau National de Défense des Droits Humains RNDDH, a exprimé des réserves à l’égard du décret sur la Haute Cour de Justice récemment adopté qu’elle décrit comme un « décret très intéressé ».
Selon elle, le texte répondrait davantage à des considérations politiques qu’à des impératifs de justice et de transparence. Elle soutient aussi que certaines dispositions qui seraient en contradiction avec la Constitution sont ajoutées uniquement pour protéger des ex-dirigeants étatiques et leurs proches.
Invitée ce jeudi 19 février 2026 à l’émission Panel Magik, Mme Ducéna a maintenu que le décret pourrait, dans certaines circonstances, profiter à des personnes citées dans le dossier PetroCaribe ainsi qu’à d’anciens responsables publics impliqués dans des affaires de corruption. En exemple, elle a mentionné des ex-conseillers présidentiels associés au dossier de la Banque Nationale de Crédit et des ministres accusés de malversations.
La représentante du RNDDH dit avoir pris acte de la déclaration du chef du gouvernement, prononcée le 7 février dernier, dans laquelle celui-ci a annoncé son intention de renforcer la lutte contre la corruption et les organes de contrôle. Elle estime que ces engagements devront se traduire par des mesures concrètes et par une conformité des textes adoptés aux dispositions constitutionnelles.
D’après la responsable, certaines clauses relatives à l’organisation et au fonctionnement de la Haute Cour de justice pourraient constituer un cadre juridique favorable à des personnalités impliquées dans des scandales financiers. Elle ajoute que plusieurs acteurs politiques redouteraient d’éventuels contentieux.
Il est à noter que dans une lettre adressée au Premier ministre le 10 février 2026, quatre organisations de la société civile ont fait part de leur opposition au décret adopté par le Conseil présidentiel de transition, évoquant un affaiblissement des mécanismes de reddition de comptes et appelant à sa révision.
