Une juge fédérale basée à Washington a suspendu, ce lundi 2 février 2026, la décision de l’administration Trump mettant fin au Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens.
Selon la magistrate, Ana C. Reyes, le Département de la Sécurité intérieure (DHS) n’a pas respecté les exigences prévues par la loi.
Dans son ordonnance, la juge a fait droit à la requête déposée par plusieurs parties dont des bénéficiaires haïtiens du TPS, l’Haitian Evangelical Clergy Association et le syndicat EIU-32BJ. Les plaignants estiment que la suppression du programme viole la législation américaine sur l’immigration et s’appuie sur des considérations discriminatoires.
De leur côté, les représentants du DHS soutenaient que la décision prise par la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem relevait du pouvoir discrétionnaire de l’exécutif et échappait à tout contrôle judiciaire. La juge Reyes n’a pas retenu cet argument et a maintenu l’injonction.
Le Département de la Sécurité intérieure continue toutefois d’affirmer que les conditions sécuritaires et humanitaires en Haïti permettent le retour des bénéficiaires du TPS et qu’une prolongation du programme ne servirait pas les intérêts nationaux des États-Unis.
La décision judiciaire permet aux ressortissants haïtiens concernés de conserver leur statut légal ainsi que leur autorisation de travail aux États-Unis.
Mis en place après le séisme de 2010 sous l’administration de Barack Obama, le TPS pour Haïti concerne actuellement plus de 300 000 personnes sur le territoire américain dont près de la moitié réside en Floride du Sud.
L’administration Trump a déjà annoncé son intention de faire appel de cette décision.
