À l’occasion de la Journée mondiale pour la dépénalisation de l’avortement, célébrée ce 28 septembre, des organisations féministes haïtiennes dont la SOFA et Kay Fanm, ont attiré l’attention sur les limites du cadre légal actuel et sur la nécessité d’un accès réel à des soins de santé reproductive sûrs.
Initiée en 1990 par les mouvements féministes d’Amérique latine et des Caraïbes, cette journée vise à sensibiliser sur le droit à l’avortement sécurisé. En Haïti, les statistiques issues de l’EMMUS VI montrent que 4 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont déjà eu recours à l’avortement, principalement entre le deuxième et le quatrième mois de grossesse. Toutefois, plus de la moitié de ces interventions ont lieu en dehors de structures médicalisées, et seulement 48 % des femmes concernées bénéficient de l’assistance d’un professionnel de santé.
La Coalition de plaidoyer pour les droits sexuels et reproductifs (DSSR) alerte sur les risques sanitaires liés aux avortements non sécurisés, qui représenteraient entre 15 % et 18 % des décès maternels dans le pays. Elle appelle l’État haïtien à créer un cadre réglementaire plus accessible, au-delà de la dépénalisation partielle prévue dans le nouveau Code pénal de juin 2025.
La SOFA estime que cette réforme reste insuffisante et continue de priver une majorité de femmes d’un droit fondamental, en raison du manque d’infrastructures sanitaires et de la persistance de normes restrictives. Elle invite les autorités à traduire les engagements juridiques en actions concrètes, afin de garantir à toutes les femmes le droit à une santé reproductive sans danger et sans discrimination.
