L’Union européenne (UE) et l’Agence française de développement (AFD) financent à hauteur de 28,1 millions d’euros la deuxième phase du Programme multisectoriel de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PMSAN II), lancée ce vendredi 9 octobre 2026. Sous la conduite de l’État haïtien, ce programme prévoit d’accompagner 15 000 familles agricoles, soit plus de 60 000 personnes, à Léogâne, Grand-Goâve et Petit-Goâve ainsi que de créer 3 000 emplois temporaires dans le secteur agricole.
Ce soutien intervient alors que 5,83 millions de personnes, représentant 52 % de la population analysée, faisaient face à une insécurité alimentaire aiguë entre mars et juin 2026 selon une évaluation de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) publiée en avril. Parmi elles, près de 1,9 million se trouvaient en phase d’urgence alimentaire.
Les violences armées, la baisse de la production agricole et les difficultés d’approvisionnement aggravent cette situation tandis que les restrictions de circulation compliquent la vente des récoltes et l’accès des ménages aux denrées. Le PMSAN II entend répondre à ces difficultés en soutenant la production locale et les revenus ruraux. Toutefois, les résultats dépendront aussi de la capacité des agriculteurs à commercialiser leurs produits à des prix viables.
À Kenscoff, où les troubles sécuritaires perturbent l’approvisionnement de la région métropolitaine de Port-au-Prince en produits maraîchers, l’UE estime qu’un accompagnement des producteurs est également nécessaire. Le lancement du programme ne confirme cependant pas l’inclusion officielle de cette commune dans ses zones d’intervention. Pour l’ambassadrice de l’Union européenne en Haïti, Hélène Roos, la sécurité et le développement sont étroitement liés et doivent progresser conjointement.
