Lors de son intervention devant le Conseil de sécurité de l’ONU, ce lundi 20 juillet 2026, la représentante spéciale des Nations unies pour les enfants et les conflits armés Vanessa Frazier a tiré la sonnette d’alarme sur la situation des mineurs détenus en Haïti. Elle a condamné le maintien en détention d’enfants pendant plusieurs années sans inculpation ni présentation devant un juge, estimant qu’une telle pratique constitue une violation grave de leurs droits.
S’appuyant sur les constats d’une mission menée en mai 2026, la responsable onusienne a indiqué que plusieurs enfants seraient privés de liberté depuis près de huit ans sans qu’aucune procédure judiciaire n’ait abouti. Elle a aussi mis en lumière les conditions de détention au Centre de rééducation des mineurs en conflit avec la loi (CERMICOL), où près de 600 personnes étaient incarcérées lors de sa visite alors que l’établissement a une capacité d’accueil d’une centaine de pensionnaires.
Vanessa Frazier a précisé que les mineurs représentaient moins de 100 des détenus recensés, la majorité étant des adultes dont plusieurs n’auraient pas leur place dans un centre destiné aux enfants. Selon elle, cette situation aggrave les risques pour les jeunes détenus et accentue les atteintes à leurs droits fondamentaux.
La représentante des Nations unies a enfin appelé les autorités haïtiennes à accélérer les réformes du système judiciaire et pénitentiaire afin de garantir le respect des droits des enfants en conflit avec la loi et de mettre fin aux détentions prolongées sans jugement.
