Dans un communiqué publié à l’occasion de ce 3 avril 2026, le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes revient sur la portée historique de cette date, qui renvoie à la mobilisation d’envergure des femmes haïtiennes en 1986 contre les violences, les discriminations et les formes d’exclusion persistantes.
Cette démonstration de force s’inscrivait dans un contexte de transition politique marqué par la chute de la dictature. À cette période, les femmes avaient pris une part active aux mouvements populaires tout en revendiquant leur place dans la vie politique nationale et leur droit à participer aux processus décisionnels.
Le 3 avril 1986 a ainsi contribué à affirmer le rôle des femmes en tant qu’actrices à part entière de la société, capables d’influencer les orientations du pays. Au-delà des dénonciations, cette mobilisation a posé les bases d’une réflexion plus large sur la prise en compte des besoins et des intérêts des femmes dans les politiques publiques.
Quarante ans plus tard, cette date conserve toute sa valeur symbolique. Elle rappelle l’importance des luttes menées par les organisations féminines et met en lumière leur engagement continu en faveur de la promotion et de la défense des droits des femmes. Lors des États généraux sur la participation politique des femmes et les violences électorales, organisés en décembre 2025, des représentantes issues des dix départements ont réitéré l’exigence d’une présence accrue des femmes dans les espaces de décision.
Le ministère souligne que cette journée demeure un symbole de courage et de solidarité. Malgré certaines avancées, de nombreux défis persistent, nécessitant une mobilisation renforcée et une coordination accrue entre les différents acteurs concernés.
Dans un contexte national marqué par des crises sécuritaires et humanitaires, la question des violences faites aux femmes, qu’elles soient d’ordre politique, social, économique ou numérique, reste au centre des préoccupations. Les autorités entendent poursuivre la mise en œuvre des recommandations issues des consultations récentes en vue de renforcer la participation politique des femmes, d’améliorer les dispositifs de protection et de lutter contre les abus dans les espaces numériques.
Le ministère insiste également sur la nécessité de promouvoir le leadership féminin et de garantir une participation équilibrée dans toutes les sphères de la vie publique.
En conclusion, le MCFDF appelle l’ensemble des secteurs de la société à conjuguer leurs efforts afin de préserver l’héritage du 3 avril 1986 et de poursuivre la construction d’une société fondée sur l’égalité, la justice et la démocratie.
