Le Directeur général de la Police Nationale d’Haïti (PNH) André Jonas Vladimir Paraison, accompagné de membres du Haut Commandement, a reçu ce mercredi 4 mars 2026 l’expert indépendant des Nations Unies William O’Neill. En visite avec des membres de son équipe, celui-ci mène des consultations dans le cadre de la préparation de son prochain rapport sur la situation sécuritaire du pays. À l’ouverture des échanges, il a présenté ses condoléances à l’institution policière pour les pertes enregistrées dans ses rangs lors d’affrontements avec des gangs armés.
Au cours de la rencontre, le Haut Commandement de la PNH a dressé un état de la situation sécuritaire qu’il juge préoccupant. Les responsables policiers ont indiqué que des groupes armés disposent d’un armement important et utilisent différentes tactiques telles que des tranchées, des pièges et des cocktails Molotov, ce qui complique les opérations dans plusieurs zones, en particulier dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite. La police indique chercher à adapter ses interventions tout en faisant face à des contraintes liées aux ressources logistiques. Elle évoque également la perspective du déploiement de la Force de Répression des Gangs (FRG).
La question de la présence d’enfants au sein des groupes armés a aussi été abordée. Selon les responsables policiers, des enfants âgés de 8 à 10 ans sont utilisés comme guetteurs tandis que d’autres, entre 11 et 14 ans, sont armés et impliqués dans les affrontements.
Les responsables de la PNH ont également évoqué les limites institutionnelles pour la prise en charge de ces mineurs. La Brigade de Protection des Mineurs (BPM) disposerait d’un espace restreint et ne possède pas de structure spécialisée pour assurer leur prise en charge ou leur réinsertion. La police estime qu’une réponse impliquant les institutions de l’État, l’Institut du Bien‑Être Social et de Recherches (IBESR) ainsi que des partenaires internationaux comme l’UNICEF serait nécessaire pour traiter cette situation.
Le Haut Commandement a également indiqué que des mécanismes d’encadrement sont appliqués lors des opérations afin de respecter les droits humains. Des séances d’information sur les règles d’engagement sont organisées avant les interventions et l’Inspection générale de la PNH examine actuellement 174 allégations de violations. Le Directeur général a, par ailleurs, invité la délégation onusienne à accompagner certaines unités sur le terrain afin d’observer les conditions d’intervention des forces de l’ordre.
