Dans une note publiée ce mardi 17 février 2026, le SPNH-17 indique avoir pris acte du don de véhicules blindés effectué par le Canada au profit de la Police nationale d’Haïti (PNH) dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité à travers le pays.
Le syndicat souligne qu’avec plus de vingt blindés de transport de troupes ainsi que trois véhicules d’assaut offerts par la Corée du Sud, la Direction générale de la PNH dispose désormais des moyens logistiques nécessaires pour engager des opérations d’envergure visant à libérer les axes routiers stratégiques. Selon les informations à sa disposition, des drones kamikazes et d’autres ressources techniques seraient également disponibles pour appuyer les interventions sur le terrain.
Le SPNH-17 estime qu’aucune justification ne saurait être avancée pour retarder l’action. Il considère qu’il s’agit de la première fois qu’une Direction générale bénéficie d’un tel niveau d’équipement en plus du soutien des autorités exécutives en place. À défaut de résultats tangibles dans un délai d’un à trois mois, le syndicat prévient que cela pourrait susciter des interrogations sur la volonté réelle de rétablir la stabilité.
Le syndicat appelle à des opérations soutenues contre les groupes armés avec pour objectifs le démantèlement de leurs bases, la neutralisation de leurs membres et la récupération des armes illégales, y compris celles appartenant à l’État et tombées entre les mains des bandits. Il rappelle que la population attend des mesures concrètes garantissant un retour progressif à la normale.
D’un autre côté, le SPNH-17 salue les dispositions prises par l’Inspection générale pour renforcer la discipline au sein du corps. Toutefois, il fait valoir que dans la conjoncture actuelle où des groupes armés contrôlent une partie importante de la zone métropolitaine, les policiers engagés sur le terrain doivent pouvoir bénéficier de mesures de protection adaptées dont l’usage de cagoules.
Le syndicat attire également l’attention sur les conditions de travail des agents déployés dans les quartiers sensibles, comparées à celles de certains responsables. Il estime qu’une éventuelle interdiction du port de cagoule ne devrait intervenir qu’après un rétablissement effectif du contrôle territorial et le démantèlement des bases des groupes armés.
Enfin, le SPNH-17 recommande à la Direction générale d’envisager plusieurs mesures préalables à toute décision interdisant les cagoules comme la fin des vitres teintées illégales, l’interdiction de circulation des véhicules sans plaque ou munis d’anciennes plaques et l’ouverture d’enquêtes sur certaines compagnies de sécurité privée susceptibles d’alimenter l’insécurité.
Le syndicat conclut en insistant sur la nécessité pour l’institution de garantir la protection des policiers engagés dans la lutte contre les gangs.
