Le Bureau du Rapporteur spécial pour la liberté d’expression de l’Organisation des États américains (OEA) a exprimé ses préoccupations, dans un communiqué publié ce mercredi 28 janvier 2026, concernant le décret adopté en décembre 2025 en Haïti sur les « crimes de presse ». L’institution appelle les autorités haïtiennes à retirer ce texte, qu’elle considère comme une atteinte grave à la liberté d’expression et au pluralisme démocratique.
Placée sous l’égide de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), l’instance rappelle que la presse indépendante demeure un pilier essentiel de la démocratie dans un contexte marqué par une crise multidimensionnelle persistante en Haïti.
Le Bureau souligne la lourdeur des sanctions prévues par le décret, qui prévoit des peines pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 100 000 gourdes d’amende, assorties de sanctions complémentaires telles que des travaux forcés ou l’obligation d’excuses publiques. Selon le Rapporteur spécial, ces dispositions risquent de favoriser l’autocensure des professionnels des médias et de restreindre l’accès du public à une information libre et diversifiée.
L’institution exhorte les autorités haïtiennes à abroger le décret et à adopter un cadre juridique respectueux des standards interaméricains relatifs à la liberté d’expression.
Dans son analyse, le Bureau estime que le texte, adopté par le CPT, introduit une criminalisation accrue de la critique des autorités ce qui limite considérablement le travail journalistique.
