Les interventions menées par la Police nationale d’Haïti (PNH), les Forces armées d’Haïti (FAd’H), la Task Force et la Force de répression des gangs (FRG) ont entraîné la mort de près de 106 personnes, selon des chiffres communiqués ce jeudi 15 janvier 2026 par l’organisation de défense des droits humains Combite pour la Paix et le Développement (CPD).
Selon son responsable, Fritzner Pierre, des civils se retrouvent souvent utilisés par des groupes armés pour entraver la progression des forces de sécurité, les exposant directement aux violences. Il souligne également l’usage présumé de drones porteurs de charges explosives par la Task Force, une pratique qui, d’après lui, soulève de sérieuses préoccupations quant au respect des principes de protection des populations civiles.
L’organisation précise que parmi les personnes décédées figurent 64 individus soupçonnés d’appartenir à des gangs, contre 52 civils sans aucun lien avec des groupes armés. Le bilan fait aussi état de huit adolescents dont cinq garçons et trois filles ainsi que huit femmes parmi les victimes civiles. En outre, 65 personnes auraient été grièvement blessées lors des opérations.
Face à cette situation, CPD plaide pour une réorientation de la stratégie sécuritaire nationale, intégrant de manière explicite la protection des civils. L’organisation recommande un meilleur ciblage des opérations à travers le renforcement des capacités de renseignement afin de réduire les risques de bavures et de victimes collatérales.
L’institution insiste par ailleurs sur l’urgence de mesures humanitaires d’accompagnement comme la limitation des destructions de biens privés et la création de couloirs humanitaires pour faciliter l’évacuation des blessés et l’accès aux soins.
Enfin, la CPD appelle les autorités haïtiennes, en particulier les ministères des Affaires sociales et de l’Intérieur, à mettre en place des dispositifs d’hébergement temporaire pour les populations déplacées par les violences dans l’objectif de prévenir de nouvelles pertes en vies humaines.
