Dans une note rendue publique ce lundi 24 novembre 2025, le Collectif Défenseurs Plus a exprimé ses vives inquiétudes face à la recrudescence des violences numériques ciblant les femmes et les filles en Haïti. L’organisation appelle les autorités à renforcer de toute urgence les dispositifs de protection dans un contexte national marqué par l’insécurité généralisée.
S’appuyant sur des données préoccupantes, l’organisation souligne que, selon Jean Claude Louis, directeur de l’Institut Panos, huit images sur dix diffusées sur TikTok ont un contenu sexiste ou dénigrant envers les femmes. De son côté, l’Observatoire des droits de l’internet rapporte que 58 % des violences numériques recensées concernent des femmes contre 40 % pour les hommes. Par ailleurs, la Banque mondiale rappelle que moins de 40 % des pays disposent de lois spécifiques contre le harcèlement en ligne à l’égard des femmes.
Le Collectif estime que ces violences ont des impacts concrets sur la sécurité, la dignité et la participation citoyenne des femmes. Il insiste sur la nécessité d’un renforcement du cadre légal et des capacités institutionnelles afin de mieux répondre à ce phénomène croissant.
Dans son analyse, l’organisation lie la progression de ces violences à la situation sécuritaire du pays, en particulier aux déplacements internes causés par l’insécurité qui exposent les femmes à des environnements à haut risque, tant physiques que numériques.
Elle appelle à une réponse rapide, structurée et adaptée, dénonçant également les failles du système judiciaire qui découragent les victimes à porter plainte et favorisent l’impunité.
