De retour d’un déplacement diplomatique à New York, où il a participé à la 80e Assemblée générale des Nations unies, le président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint‑Cyr, s’est adressé à la population ce dimanche 28 septembre 2025 pour revenir sur son intervention du 25 septembre et les perspectives qu’elle ouvre pour le pays.
À la tribune de l’ONU, le chef de l’exécutif haïtien avait dressé un tableau alarmant de la situation nationale, qualifiant la crise actuelle de « guerre » opposant des gangs lourdement armés à une population civile désarmée. Il avait évoqué un bilan humanitaire dramatique : plus d’un million de déplacés, des milliers d’enfants déscolarisés, une jeunesse sans repères, des centaines de femmes et de filles victimes de violences sexuelles et près de la moitié des Haïtiens en situation d’insécurité alimentaire aiguë.
Dans ce contexte, Laurent Saint‑Cyr a plaidé pour une redéfinition du mandat de la Mission d’Appui à la Sécurité (MASS), qu’il souhaite voir évoluer vers une force internationale dotée de capacités offensives, chargée de démanteler les groupes criminels, de protéger les infrastructures vitales et de permettre le retour des institutions.
Le président du CPT a aussi relancé la question des réparations historiques réclamées à la France, estimant que la dette imposée à Haïti au XIXe siècle continue d’avoir des conséquences structurelles sur le développement du pays.
À son retour à Port-au-Prince, il a précisé avoir engagé plusieurs discussions bilatérales prometteuses. Il a toutefois reconnu que la mise en œuvre des solutions requiert des efforts constants, tant sur le plan diplomatique qu’au niveau de la gouvernance nationale.
Dans cette optique, il a exigé un audit du Fonds National de l’Éducation (FNE),de l’Autorité Portuaire Nationale (APN) et de l’Administration Générale des Douanes (ADG) en appelant à renforcer la redevabilité dans l’Administration Publique.
Alors que l’insécurité reste omniprésente et que la population attend des résultats concrets, le président du CPT a insisté sur l’urgence d’agir. « La sécurité ne peut exister sans justice, ni sans fin de l’impunité », a-t-il déclaré.
Le pays observe désormais avec attention les suites de cette démarche internationale.
Alors que les attentes sont grandes,la réussite du CPT dépendra de sa capacité à impulser un changement tangible en matière de sécurité,d’accès aux services publics et d’organisation d’élections crédibles.
