Dans un rapport publié le dimanche 1er juin 2025, le Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de l’Homme (CARDH) met en doute la réelle volonté des autorités haïtiennes de démanteler les groupes armés qui terrorisent le pays.
Ce document, rendu public à l’occasion du quatrième anniversaire de la prise de Martissant par les gangs, dénonce la passivité persistante de l’État, que le CARDH n’hésite pas à assimiler à une forme de complicité institutionnelle. Selon l’organisation, cette position est étayée par plusieurs éléments concrets, notamment des déclarations publiques de figures politiques reconnaissant entretenir des échanges avec des chefs de gang, ainsi que l’échec, voire l’abandon de certaines opérations de sécurité, traduisant un manque flagrant de coordination, et une impunité systémique.
Sur un autre registre, le CARDH déclare ne pas s’opposer à l’éventuelle venue d’Academi, société militaire privée américaine connue auparavant sous les noms de Blackwater USA / Blackwater Worldwide/Xe, dans le cadre d’un appui sécuritaire. Toutefois, l’organisation insiste sur la nécessité absolue de baliser cette intervention par un système de contrôle rigoureux, le respect des droits humains, et la mise en place préalable d’un cadre de justiciabilité clair, afin d’éviter toute dérive.
Au-delà de l’intervention étrangère, le CARDH plaide pour des réformes structurelles de fond : désarmement et réinsertion des jeunes enrôlés dans les gangs, révision du cadre légal des forces de l’ordre, construction de centres pénitentiaires hautement sécurisés, création d’un tribunal spécial, ainsi qu’une reconfiguration de la coopération sécuritaire internationale, fondée sur les droits humains et la redevabilité.
